Communiqué de Mathilde Androuët, député français au Parlement européen, conseillère régionale, déléguée départementale des Yvelines

Europe 1 a révélé hier l’information selon laquelle la fusion entre le département des Yvelines et des Hauts-de-Seine ne serait plus bloquée. La nouvelle entité rassemblerait alors 3 millions d’habitants pour un budget total de 4.4 milliards d’euros et une capacité d’investissement de 800 millions. Face au débat lancé par cette information, l’exécutif a rapidement démenti l’information.

Cette affaire vite étouffée a toutefois eu le mérite de dévoiler les enjeux et les aspirations des exécutifs locaux et du gouvernement.

Le mépris de la démocratie, de l’échelon local et de sa bonne gestion

Aucune consultation préalable à une reconfiguration pourtant décisive n’a jamais été envisagée autant du côté des conseils départementaux que de celui du gouvernement. L’avis de 3 millions d’administrés concernés n’a aucune valeur pour des représentants empressés de gérer une entité mastodonte.

Depuis 3 ans, sous prétexte d’économie et de mutualisation, les services de ces deux départements se sont rapprochés et confondus. Un établissement public interdépartemental (EPI) rassemble déjà les compétences liées à la voirie, à l’adoption, à l’archéologie préventive ou à la gestion des collèges. Ce sont désormais près de la moitié des compétences départementales qui ont été mutualisées par la seule volonté de Mrs Patrick Devedjian et Pierre Bédier.

Alors que la plupart de nos compatriotes aspirent à retrouver des services de proximité et un cadre à taille plus humaine avec lequel il est possible d’échanger directement, le gouvernement et les exécutifs territoriaux ne cessent d’empiler des strates administratives surdimensionnées qui piétinent régulièrement le modèle historique auquel les Français sont attachés : commune-département-Etat. La fusion de ces deux départements aura tendance à éloigner un peu plus les centres de décision de la population. Il est évident que les habitants situés dans les zones périphériques des Yvelines ou des Hauts-de-Seine seront défavorisés.

Par ailleurs, l’argument des économies réalisées est rapidement balayé par les chiffres : alors que la mutualisation est bien entamée, les budgets départementaux n’ont pas baissé et M. Pierre Bédier, par l’entremise du Conseil départemental, choisissait d’augmenter de 66% l’impôt foncier des Yvelines en 2016.

Le démantèlement territorial par calcul politique

L’exécutif gouvernemental entretient le flou sur sa volonté de fusionner. En effet, si l’interdiction était bien effective, le gouvernement serait intervenu pour mettre fin à la fusion de nombreuses compétences désormais effectives.

Le calcul politique est simple : le parti de la majorité LREM dispose de 25 députés élus dans ces deux départements. Selon une note consultée par Europe 1, la levée de l’interdiction gouvernementale se serait faite en échange de l’intégration sur les listes LR de militants LREM. LREM cherche donc à implanter un peu plus ses élus dans les municipalités, les départements et la région. Cela donne l’étendue des convictions profondes qui animent ces deux partis.

Par ailleurs, il est entendu que l’objectif d’une entité aussi importante en ressources et en habitants est de contrebalancer le poids de la région Île-de-France et le pouvoir de Mme Valérie Pécresse en 2021 à l’issue des élections régionales.

Cette fusion permettra aussi de faire bloc face au projet d’absorption par Paris de trois départements limitrophes dans le cadre du Grand Paris.

Officiellement abandonné, ce projet de fusion continuera. Le Rassemblement National invite donc à la plus grande vigilance et au rejet de ce rapt de la démocratie locale, signe profond de l’irrespect des classes dirigeantes à l’égard de millions d’Yvelinois et d’ Alto-séquanais.